Doctorat en Ethnologie

 Création africaine et mondialisation.

 quel rapport à la création ? 

 

Enquêtes de Gaëlle WEISS 

 

 La plasticienne céramiste bronzier Sylvie COHËN-AKENINE  se rend au Burkina Faso depuis 1995. Elle y vit une partie de l’année depuis 2013 en vue de réaliser ses œuvres en bronze dans les ateliers de la famille Dermé, quartier de Niongsin à Ouagadougou.

Sylvie  COHËN-AKENINE précise que sa découverte avec ce pays est le fait de l’amitié et de rencontre avec des artistes africains. Elle se présente volontiers comme une « artiste nomade », voyageant beaucoup : « je m’adapte et je continue mon travail de création, aidée par les artistes que je rencontre, en utilisant les matières qui me sont proposées sur place »

Les objets d’art traditionnel africain sont très présents dans son travail de création en raison de leurs formes mais également de leur sens, leur symbolisme, leur « langage caché » dont elle s’inspire .
 

Cette  Portes (2014)  est une œuvre qui prend place au sein d’une série débutée en 2006 et inspirée des portes des traditions africaines, notamment dogon, mais également marocaine, sud américaine, etc., en vue d’inviter à « voyager de portes en portes, à la recherche de ses origines » 

                                                                                                                                                        Photographie Yéka Pharoah 

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 À travers cette œuvre, Sylvie  COHËN-AKENINE effectue un travail introspectif à la recherche de ses origines, mais également un voyage à la rencontre de l’Autre et à l’ouverture  à sa culture : « Ce travail où culture, coutume et symbole religieux se retrouvent et se complètent a été pour moi une plongée dans mes origines familiales – famille de sang puis famille de cœur »

. L’artiste a réalisé une recherche sur la signification des symboles figurant sur les portes africaines, notamment dogon, jusqu’à concevoir ses propres signes lui permettant de raconter son histoire et de véhiculer ses messages.

Cette œuvre est révélatrice de la démarche de Sylvie COHËN-AKENINE qui partage une partie de l’année l’atelier des artistes burkinabè et s’inspire de leur culture et de leur savoir faire. « Les ateliers sont des lieux d’échange et de partage, observe la plasticienne, et chacun, à sa façon, influence le travail des autres »  Car si cette sculpture en bronze n’a pas pour finalité de protéger physiquement ou symboliquement les récoltes d’un grenier et constitue une réelle œuvre d’art, il n’en reste pas moins que par ses recherches morphologiques et symboliques – motifs de l’homme et de la femme en signe d’harmonie, confie l’artiste –, elle évoque l’influence de la culture africaine et les échanges de Sylvie  COHËN-AKENINE avec les artistes burkinabè. De sorte que l’essence du travail de Sylvie COHËN-AKENINE n’est ni uniquement française, ni spécifiquement africaine, mais tout cela en relation.

gaelle weiss